Enquête à charge
Comme le soulignent de nombreux observateurs, il est tout à fait légitime et nécessaire que les représentants du peuple exercent leur pouvoir de contrôle sur l’audiovisuel public, financé par l’impôt. Mais faut-il encore que ce contrôle s’exerce avec sincérité et objectivité.
Or, le rapport parlementaire, à peine publié et ironiquement intitulé « Sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », est largement commenté comme étant biaisé, tronqué et visiblement à charge, ce que laissaient présager les débats publics et les polémiques dans les médias et sur les réseaux sociaux qui l’ont accompagné.
Mais faut-il s’en étonner ?
Dès le départ, la commission d’enquête s’est révélée entachée d’un parti pris idéologique, illustré par une déclaration de son rapporteur dans Valeurs actuelles : « Les 4 milliards de l’audiovisuel public pourraient sauver près de 6 000 églises [qui] tombent en ruine et sont menacées de disparition partout en France, dans l’indifférence générale. »
Cette entreprise de déstabilisation de l’audiovisuel public s’inscrit dans une logique plus large, qui vise aussi le CNC, accusé de financer des films « idéologiquement orientés », des « navets et films gauchistes », « en décalage avec les attentes de nos concitoyens ».
Pourtant, les audiences de l’audiovisuel public restent bonnes, voire écrasantes à la radio. Mais peu importe les faits et les contradictions : le postulat de départ est simple; la création cinématographique et audiovisuelle serait orientée et ne profiterait qu’à une minorité. Ce serait donc un gaspillage d’argent public.
CQFD.
Voilà donc à quoi devait servir ce rapport : non seulement à légitimer une éventuelle reprise en main de la « politique culturelle » et à mettre au pas une création jugée hostile, mais aussi à imposer des propositions chocs, comme la réduction d’un quart du budget de l’audiovisuel public ou la disparition de chaines de TV entières.
Cette lecture purement politique et les propositions qui en découlent percutent un secteur économique et culturel déjà fragilisé et confronté à des difficultés économiques et des bouleversements structurels, dont les conséquences se font déjà cruellement sentir, notamment pour nous, les collaborateurs de la création.
L’enjeu actuel sur l’interprétation de la CCN PAV et les contrats à l’heure doit être compris dans cette perspective. Dans ce climat, chacun va vouloir sauver sa peau, coûte que coûte, et le secteur ressemble de plus en plus à un champ de bataille.
Ne faudrait-il pas, au fond, s’interroger sur la nature même de la création culturelle, son but, sa nécessité ? Une chose est sûre : elle ne peut être intrinsèquement conservatrice et sectaire, sauf à renier ses fondamentaux.
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